Un nouvel antibiotique capable de lutter contre plusieurs bactéries résistantes à été mis au point par des biologistes américains. Un résultat d'autant plus important que le mode de production de ce nouvel antibiotique, lui aussi totalement inédit, permettra à l'avenir de tester une grande variété de nouvelles molécules antibiotiques.

Des scientifiques de l'Université Northeastern à Boston vienne d'identifier un nouvel antibiotique pour le moins prometteur, puisqu'il semble être capable de lutter efficacement contre plusieurs bactéries résistantes.

Un résultat publié le 7 janvier 2015 dans la revue Nature, sous le titre "A new antibiotic kills pathogens without detectable resistance".



La molécule active de cet antibiotique, baptisée Teixobactin, s'est avérée en effet efficace contre des souches de staphylocoques dorés, de la bactérie Mycobacterium tuberculosis (responsable de la tuberculose), du bacille du charbon ou encore de la bactérie Clostridium difficile, qui se développe précisément chez les malades traités par antibiotiques.



Après test in vivo sur des souris, la Teixobactin s'est également révélée capable de lutter contre les staphylocoques dorés résistant à la méthicilline : alors que 90 % des souris contaminées par cette bactérie aurait normalement du mourir à l'issue de l'expérience, les souris traitées avec la Teixobactin ont toutes survécu.



Au-delà de la découverte de cette molécule, ces travaux présentent également un autre intérêt majeur : le mode de production de la Teixobactin est entièrement nouveau, ce qui signifie qu'il pourra être également utilisé pour produire d'autres antibiotiques à l'avenir.

On sait en effet que la production d'antibiotiques s'est progressivement tarie au cours des cinquantenaires années, toutes les sources naturelles d'antibiotiques (micro-organismes, champignons, bactéries du sol…) ayant jusqu'ici été utilisées. Quant aux antibiotiques synthétiques, force est de constater qu'ils ne sont jamais parvenus à suppléer totalement à la carence en antibiotiques naturels.



Or, pour produire la Teixobactin, les auteurs de l'étude ont utilisé un nouveau procédé consistant à "forcer" les bactéries réputées jusqu'ici non cultivables (et qui donc ne pouvaient pas servir de sources d'antibiotiques naturels) à se reproduire malgré tout, notamment via le recours à des facteurs de croissance spécifiques. Grâce à ce nouveau procédé, les auteurs de l'étude sont parvenus à cultiver 50 % des bactéries prélevées dans les sols, au lieu des 1 % habituels. Une véritable performance, qui montre qu'il sera possible de tester à l'avenir une grande variété de nouvelles molécules...



source : journaldelascience