INTIKConnexion

Réussir vos études


Partagez

descriptionBesoins nutritionnels du chien adulte à l'entretien

more_horiz
Pour estimer les besoins alimentaires d'un chien, il convient de commencer par se référer aux exigences énergétiques d'un individu moyen adulte à activité réduite et en situation de confort thermique. Ces exigences sont appelées "besoin énergétique d'entretien" (BEE), valeur de référence à laquelle il faudra appliquer des coefficients de variation en fonction de l'état physiologique de l'animal (croissance, lactation, travail, etc.), de son environnement et de ses caractéristiques individuelles.



Besoins énergétiques

Comment estimer le besoin énergétique d'un chien adulte à l'entretien ?

Les besoins énergétiques d'un individu dépendent beaucoup plus de sa surface corporelle que de son poids. À titre d'exemple, les déperditions thermiques par convection sont beaucoup plus importantes chez un chiot que chez un adulte de même race car son rapport surface/poids est beaucoup plus important.
C'est pour cette raison que les formules classiques se réfèrent au poids métabolique du chien qui tient compte de sa surface corporelle.


Ainsi, l'équation suivante : BEE = 132. PO.75 permet d'estimer de manière satisfaisante les besoins énergétiques quotidiens d'un chien à l'entretien.
Un chien de 20 kg aura donc un BEE d'environ 1 200 kilocalories par jour.



Comment en déduire la quantité d'aliments à lui donner ?

Certains fabricants indiquent sur leurs fiches techniques la valeur énergétique de leurs aliments.
À titre d'exemple, s'il est inscrit EM = 4 000 kcal/kg, cela signifie qu'un kilo d'aliment apporte au chien 4 000 kilocalories d'énergie métabolisable qui représente l'énergie "utilisable" par l'animal.
Le rapport entre le besoin énergétique et la valeur énergétique de l'aliment donne la ration journalière.
Ainsi, pour reprendre le cas précédent, il faudra environ 300 grammes de cet aliment (1 200/4 000) pour couvrir les besoins énergétiques d'un chien de 20 kg à l'entretien.
Si vous ne connaissez pas l'énergie métabolisable de l'aliment (cette information n'étant pas une obligation), il est possible de l'estimer à partir de l'analyse moyenne des nutriments réglementairement indiquée sur l'étiquette.


Pour ce faire, il faut procéder par étapes successives :

- Calculer le "taux de glucides utilisables" de l'aliment, appelé par fois ENA (pour Extractif Non Azoté). Il s'obtient facilement car il représente le pourcentage résiduel lorsque l'on a soustrait tous les autres composants. À titre d'exemple, si l'on appelle MP le taux de protéines brutes, MG le taux de matières grasses (lipides), MM le pourcentage de matières minérales (cendres brutes) et Cell le taux de cellulose brute ("fibres"), le taux de glucides utilisables de l'aliment sera :
ENA = 100 – taux d'humidité – MP – MG – MM – Cell

- Les vitamines, les minéraux et l'eau ne fournissent pas directement d'énergie. Chez le chien, les protéines apportent autant d'énergie que les glucides solubles et environ deux fois moins que les lipides. L'énergie métabolisable de l'aliment est estimée par l'une des équations suivantes :
EM = (3,5 MP) + (3,5 ENA) + (8,5 MG) pour les aliments dits "standards" ou
EM = (4 MP) + (4 ENA) + (9 MG) s'il s'agit d'un aliment industriel haut de gamme très digestible (souvent appelé "premium").

Prenons l'exemple d'un aliment sec "haute nutrition" adapté à l'entretien d'un chien adulte. Son analyse moyenne garantie indique, entre autres :
Protéines brutes : 25 %
Matières grasses brutes : 12 %
Cendres brutes : 7 %
Cellulose brute : 2,5 %
Humidité : 8 %
Son ENA sera donc de 100 – (25 + 12 +7 + 2,5 + 8) = 45,5 %.
Il apportera 4 X 25 + 4 x 45,5 + 9 x 12 = 390 kcal pour 100 grammes soit 3 900 kcal/kg d'aliment.
En conséquence, il faudra en apporter 1 200/3 900 = 310 grammes pour satisfaire les besoins énergétiques d'entretien du chien précédent.



Comment vérifier simplement si la ration est bien adaptée ?

Naturellement, on ne nourrit pas un chien avec des chiffres. Le calcul de cette ration ne présente donc un intérêt que dans le cas où le sujet ne parvient pas à réguler lui-même sa prise alimentaire. Ce calcul permet alors de vous donner une idée approximative de la quantité que devrait consommer le chien pour maintenir son poids de forme.

Dans la pratique, pour que la ration préconisée donne satisfaction, il faut qu'elle soit consommée en totalité par le chien, qu'elle n'entraîne aucun trouble digestif et ne soit source ni d'amaigrissement, ni d'embonpoint. Vos outils de contrôle restent l'observation directe des selles, l'estimation du dépôt graisseux au niveau du thorax (palpitation des côtes) et la balance. Vous pourrez apprécier le poids, le volume, l'odeur et la consistance des selles qui vous renseigneront sur la digestibilité de l'aliment. Les aliments "haut de gamme" entraînent en moyenne 40 à 50 grammes de résidus fécaux pour 100 grammes de matière sèche ingérée (sachant qu'un aliment sec ne contient généralement pas plus de 10 % d'eau). Les résidus fécaux issus de la digestion de 100 grammes d'un aliment sec standard se situent, à titre de comparaison, entre 70 et 100 grammes.

descriptionRe: Besoins nutritionnels du chien adulte à l'entretien

more_horiz
Besoins nutritionnels spécifiques

Tout aliment est composé d'eau, de protéines, de lipides, de glucides, de fibres, de vitamines et de minéraux en proportion variables.
Sans entrer ici dans le détail des rôles de chacun des nutriments, il convient toutefois de retenir quelques notions générales applicables en élevage.

Le tube digestif d'un grand chien est sous-proportionné par rapport à celui d'un petit chien : un grand chien a donc une plus faible capacité digestive qu'un petit chien.

Les besoins en eau

L'eau est le principal nutriment indispensable à la survie d'un être vivant.
Approximativement, on estime que les besoins en eau d'un chien avoisinent 1 g/kcal de besoin énergétique. Pratiquement, cela veut dire qu'un chien de 20 kg ayant des besoins énergétiques d'entretien de 1 200 kcal et nourri avec un aliment sec doit boire environ un litre d'eau par jour, compte tenu des 10 % d'eau résiduelle dans les croquettes.
Il est possible d'évaluer les besoins hydriques plus simplement, à environ 3 fois la quantité de croquettes normalement consommée ou encore à 50 mm d'eau par kg de poids.
Naturellement, si ce même chien est nourri avec un aliment humide contenant 80 % d'humidité, il en réduira d'autant son abreuvement, sans pour autant présenter de signes de déshydratation.
Quoi qu'il en soit, il est conseillé en élevage de toujours laisser les chiens boire à volonté en se ménageant toutefois une possibilité de mesurer régulièrement la quantité d'eau consommée.
En effet, toute modification de cette quantité peut être significative d'un trouble du comportement, d'une atteinte rénale, hormonale ou infectieuse (infection utérine notamment).

Les besoins protéiques

Les protéines jouissent d'une réputation de nutriment noble et cher car elles sont souvent comparées à des briques permettant l'élaboration et le renouvellement des tissus.
Pour autant, le taux de protéines d'un aliment ne reflète pas nécessairement sa qualité. En effet, les protéines sont constituées d'acides aminés et c'est leur proportion et leur équilibre qui conditionnent la valeur biologique de la protéine, c'est-à-dire son adéquation aux besoins individuels de chaque animal. Ainsi, certaines protéines comme le collagène des tendons, par leur faible digestibilité et leur pauvre valeur biologique, ont une qualité nutritionnelle très médiocre.
Contrairement aux graisses et aux sucres, il n'existe aucune possibilité de stockage dans l'organisme des protéines en excès. L'expertise de la formulation du petfood consistera donc à équilibrer qualitativement et quantitativement les protéines pour en éviter le gaspillage.
La qualité protéique d'une ration s'obtient par l'association harmonieuse de plusieurs ingrédients d'origines animale et végétale.
Les chiens adultes à l'entretien sont très tolérants vis-à-vis du taux protéique de la ration.
En effet, lorsque les acides aminés qui composent les protéines sont en proportions adaptées, ces chiens supportent sans conséquence et pendant toute leur vie des taux allant de 20 % à 50 % de protéines !
Le seul paramètre pratiquement vérifiable reste l'adaptation de la quantité de protéines à l'ingéré calorique (rapport protido-calorique ou RPC). Ce taux varie de 55 g de protéines par kcal ingérée pour les petites races à 65 pour les grandes races, voire 70 pour les races géantes.
À titre d'exemple, un aliment à 3 900 kcal/kg destiné à un chien de race moyenne devra montrer un RPC de 60, c'est-à-dire apporter 60 x 3 900 = 234 g de protéines par kg d'aliment.

Les besoins en matières grasses

Les apports en lipides doivent permettre de couvrir deux principaux types de besoins :
- la production d'énergie car, nous l'avons vu, les graisses et les huiles sont les nutriments les plus énergétiques (deux fois plus que les protéines et les glucides)
- le maintien de l'intégrité des membranes cellulaires, qui sont constituées essentiellement de lipides.

Appréciation de l'état d'embonpoint par palpation des côtes

Il en va pour les matières grasses comme pour les protéines. C'est la complémentarité des sources animales et végétales qui permet d'atteindre l'équilibre nutritionnel. Il n'y a pas de "bon gras" et de "mauvais gras" chez le chien. Seul compte l'équilibre entre les acides gras saturés essentiellement issus des denrées animales comme la graisse de volaille ou les huiles de poisson et les acides gras insaturés provenant d'huiles végétales (huile de maïs ou de soja). Notons également que les lipides représentent un facteur d'appétence important et qu'ils véhiculent les vitamines liposolubles (vitamines A, D, E et K) mais qu'ils sont très sensibles à l'oxydation. Leur conservation nécessite donc l'adjonction d'antioxydants pour éviter leur rancissement.

La balance fait partie des accessoires de base de l'éleveur.

Les besoins en fibres

Le taux de cellulose brute figurant sur l'emballage d'un aliment ne représente qu'une indication légale renseignant très peu sur la qualité et la quantité réelle des fibres qu'il contient.
En effet, il s'agit d'une analyse chimique peu précise qui ne dose qu'une partie des fibres totales. Le dosage enzymatique des "fibres alimentaires" s'avère plus précis et donc préférable.
Une association entre fibres solubles comme les pulpes de betteraves et insolubles (maïs) contribue à la bonne santé du côlon pour un transit digestif optimal et revêt donc un intérêt majeur dans la qualité des selles.
Toutefois, l'augmentation excessive du taux de fibres alimentaires détériore rapidement la digestibilité totale d'un aliment.



Les besoins en minéraux

La richesse en calcium des aliments est un sujet qui préoccupe de nombreux éleveurs confrontés au rationnement de leurs chiennes en lactation ou de leurs chiots en croissance.
Dans ce domaine, trois données sont utiles à connaître en élevage.

- La viande (muscle) est un ingrédient qui apporte très peu de calcium. Il faudrait en effet, pour couvrir les besoins calciques d'un berger allemand de 30 kg, que celui-ci parvienne à consommer une ration exclusive d'environ 60 kg de viande, ce qui est heureusement impossible car trop volumineux et déséquilibré…
Une ration ménagère devra donc systématiquement être corrigée à l'aide d'un complément minéral adapté (apportant généralement deux fois plus de calcium que de phosphore).

- À l'inverse, un apport excessif en calcium, habituellement lié à une supplémentation abusive en calcium d'une ration industrielle équilibrée, peut provoquer la mise au repos du système de régulation interne chargé de mobiliser le calcium à partir du squelette. Ce mécanisme risque alors de ne plus se "réveiller" lorsque les besoins calciques deviennent réellement importants (démarrage de la lactation). Ce phénomène est tenu pour responsable des crises d'éclampsie classiquement décrites chez des chiennes habituées à une "assistance calcique".
Un chien en bonne santé bénéficie cependant d'une fourchette de tolérance large lui permettant d'excréter le surplus calcique apporté par la ration ou, au contraire, de tirer le meilleur parti d'une ration faiblement dosée en calcium. Toutefois, cette sécurité est encore imparfaite chez le chiot qui, de ce fait, s'avère beaucoup plus sensible aux déséquilibres calciques tout au long de sa croissance.

- Il existe plusieurs formes de sels calciques. À titre d'exemple, la craie (carbonate de calcium) apporte environ 40 % de calcium mais pas de phosphore. La poudre d'os à un rapport phospho-calcique adapté à la croissance mais fournit également des protéines de faible valeur biologique. Les correcteurs minéraux du commerce de rapport Ca/P = 2 apportent pour la plupart seulement 11 % de calcium et 5,5 % de phosphore très diversement assimilables. Le taux de calcium d'un aliment doit être étudié en fonction du taux d'incorporation de vitamine D3 et d'autres minéraux interférant avec l'absorption calcique intestinale.
Ainsi, certains compléments du commerce, de par la faible disponibilité du calcium qu'ils contiennent, relèvent plus de la friandise que du correcteur minéral.

Les grandes races sont beaucoup plus sensibles aux carences ou excès calciques que les petites.

De nos jours, il devient exceptionnel de constater en élevage des déminéralisations osseuses qui étaient presque exclusivement liées à l'utilisation de rations ménagères non corrigées. À l'inverse, on rencontre plutôt maintenant des excès d'apports calciques avec des rations industrielles équilibrées que l'éleveur aura abusivement complémentées, qui conduisent à des calcifications des tissus mous ou même à des carences en zinc dont l'absorption est alors perturbée par l'excès de calcium !

Retenons donc qu'il est vivement déconseillé, voire dangereux, de rajouter un correcteur minéral à un aliment complet équilibré pour la croissance, surtout chez les chiens de grande race qui s'avèrent paradoxalement très sensibles aux excès calciques.



Les besoins en vitamines

Il est encore fréquent de voir des éleveurs supplémenter leurs rations en vitamines en partant du principe qu'elles sont détruites par les traitements thermiques de cuisson imposés aux aliments et que, de toute façon, "un excès vaut mieux qu'une carence"…
Ce raisonnement est maintenant dépassé car d'une part, les industriels supplémentent systématiquement en vitamines leurs aliments en fin de chaîne de production et d'autre part, certaines vitamines (A, D et même C) peuvent s'avérer toxiques à fortes doses.
Pour conclure cette partie destinée surtout à "tordre le cou" à certaines fausses idées répandues en élevage, force est de constater que l'éleveur dispose de peu de moyens simples pour prévoir objectivement la qualité d'un aliment à la simple lecture de son analyse garantie.



Copyright 2000-2006 Royal Canin
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum